IMPAKT-Toute-la-memoire-du-monde-1956

WE ARE DATA

Programme conçu par Arjon Dunnewind, Impakt Festival, Utrecht

À chaque geste que nous faisons, à chaque acte que nous entreprenons, l’information fait partie intégrante de nos interactions, qu’elles soient avec nos proches, avec les institutions ou encore avec les concepts qui définissent notre société. Dans un passé encore proche ce processus se produisait directement entre deux humains, sans aucun autre intermédiaire. Seules les communications les plus importantes étaient enregistrées et archivées par le biais de contrats, de traités, de peintures ou encore de livres. Avec les développements technologiques du XXe siècle, l’invention d’internet et l’essor du big data, cette situation a radicalement changé. Nous avons créé des systèmes qui enregistrent et archivent presque tout ce que nous faisons et des espaces virtuels qui reflètent le monde physique dans lequel nous vivons. Nous avons rempli nos habitats d’objets connectés et nous sommes nous-mêmes devenus des ensembles de données. À la fois ce que nous faisons et comment nous nous exprimons, est pisté, quantifié, et codé. Nos données personnelles sont catégorisées et stockées dans d’immenses banques virtuelles qui sont construites et gérées par des entreprises et des gouvernements. Ceux-ci nous disent qu’ils veulent “nous connecter » et nous fournir de meilleurs services, mais ces données leur permettent aussi de faire du profit et de nous contrôler. Nous nous laissons marchandiser et manipuler dans des systèmes d’analyses prédictives et de micro-ciblages tandis que la quantité de données privées que nous transmettons chaque jour de notre vie est sans précédent. Que se passera t-il maintenant que le fonctionnement de ces systèmes est de plus en plus déterminé par l’intelligence artificielle et les algorithmes ?

Films:

  • The Hands on Tuesday (Ruce v úterý) – Čeněk Zahradníček (Tchécoslovaquie 1935, 13 min)

Une journée pleine d’esprit dans la vie d’un homme, ses fantasmes, sa vie amoureuse et tout, montrés à travers ses mains. Les mouvements des mains symbolisent le cours du quotidien. En collaboration avec Vladimír Šmejkal.

Le programme est proposé par Michaela Freeman et organisé par le Czech Centre London en collaboration avec la Whitechapel Gallery dans le cadre du Made in Prague Film Festival (3-29 novembre 2015).

  • The Expression of Hands (Der Ausdruck der Hände) – Harun Farocki (Allemagne 1997, 30 min)

Historiquement, le gros plan au cinéma a d’abord été utilisé pour transmettre des émotions à travers des expressions faciales. Mais très vite, les cinéastes ont aussi commencé à se concentrer sur les mains. A partir d’extraits de films, Farocki explore ce langage visuel, son symbolisme, ses glissements freudiens, ses automatismes et sa musique. Souvent, les mains trahissent une émotion que le visage tente de dissimuler. Ils peuvent aussi servir de relais (échange d’argent) ou témoigner d’une forme de compétence (travail).

  • Toute la mémoire du monde – Alain Resnais (France 1957, 21 min)

Ce film est un essai sur le potentiel et les limites du savoir humain archivé, se faisant passer pour un documentaire sur l’organisation de la Bibliothèque nationale de France. Resnais explore le fonctionnement interne de la Bibliothèque Nationale de Paris, ses trésors inestimables et comment l’humanité se souvient d’elle-même. Une pièce méditative sur la fragilité de la mémoire humaine et la manière dont nous essayons de la consolider.

  • A Dialogue with Cyberspace – Brian den Hartog (Belgique/Pays-Bas, 2018, 14 min)

Le monde n’est-il qu’un lieu où vivent nos corps ? Qu’est-ce que c’est que d’avoir un corps et comment est-il lié à ce que nous ressentons ? Alors que nous essayons de nous frayer un chemin vers une nouvelle existence virtuelle, une entité numérique commence à admirer notre capacité à percevoir. Dans notre interaction quotidienne en face à face, nous nous exprimons avec notre corps. Cela nous donne la capacité d’être physiquement les uns avec les autres. Depuis quelques décennies, une part croissante de notre interaction se fait par le biais des nouvelles technologies, avec pour résultat que nous avons créé une version numérique de nous-mêmes que nous pouvons façonner comme nous voulons qu’elle soit. En essayant de remplacer notre façon physique d’être par l’interaction en ligne, nous avons commencé une quête ambiguë qui nous embrouille. Cette confusion, de notre moi physique opposé à sa réplique virtuelle, est à la base de ce film.

  • Remind Me – H5 (Ludovic Houplan & Hervé de Crécy) and Röyksopp (France 2002, 5 min)

Un vidéo clip animé par ordinateur que le studio français de motion graphics H5 a réalisé pour la chanson Röyksopp. Il présente une journée dans la vie d’une femme travaillant dans le Square Mile de Londres uniquement à travers l’infographie ; cela inclut des gros plans étiquetés d’objets du quotidien, des cycles de vie des produits, des diagrammes schématiques, des graphiques, et est généralement illustré dans un style visuel isométrique simple.
Rappelez-moi que j’ai gagné le MTV Europe Music Award 2002 pour le meilleur vidéoclip.
Réalisé par Ludovic Houplan & Hervé de Crécy

  • Hyper-Reality – Keiichi Matsuda (Colombie 2016, 6 min)

Hyper-Réalité (durée totale d’environ 6 minutes) est un film concept de Keiichi Matsuda. Il présente une nouvelle vision provocante et kaléidoscopique de l’avenir, où les réalités physiques et virtuelles ont fusionné et où la ville est saturée de médias. Il s’agit du dernier travail d’un projet de recherche par conception en cours de Keiichi Matsuda ; les travaux antérieurs comprennent Domestic Robocop, Augmented City 3D et la thèse de maîtrise de Keiichi Domesti/city. Si vous êtes intéressé à soutenir le projet, à parrainer la prochaine œuvre ou si vous souhaitez en savoir plus.

Nos réalités physiques et virtuelles sont de plus en plus imbriquées. Des technologies comme la RV, la réalité augmentée, les objets portables et l’Internet des objets indiquent un monde où la technologie occupera tous les aspects de notre vie. Ce sera le ciment entre chaque interaction et chaque expérience, offrant des possibilités étonnantes, tout en contrôlant la façon dont nous comprenons le monde. Hyper-Réalité tente d’explorer cette trajectoire excitante mais dangereuse. Il a été financé par la foule et tourné sur place à Medellín, en Colombie.

Un regard sur notre avenir proche. Les mondes physique et virtuel se fondent dans un environnement hybride dans lequel nous sommes continuellement connectés à d’autres réalités.

  • Wir sind Daten – Peter Weibel & Hotel Morphila Orchester (Allemagne 2013, 5 min)

La célèbre chanson de Peter Weibel & Hotel Morphila Orchester « Wir Sind Daten », un hommage à Bradley Manning et Edward Snowden à partir de 2013, enregistré en collaboration avec Weibel pour leur dernier album Artstravaganza (2014), incluant des contributions de divers collaborateurs comme Yoko Ono et Julian Assange.

Visuels de Bernd Lintermann et Nikolaus Völzow

VENDREDI 16 NOVEMBRE

21h30 : ProjectionWe Are Data, programmation composée par Arjon Dunnewind, Impakt Festival

NADIR – L’ANTRE PEAUX

24-26 route de la Chapelle
18000 Bourges
Arjon Dunnewind est un addict des arts multimédia. Il aime les controverses constructives et considère l’art comme un mécanisme d’alerte nécessaire dans notre société axée sur les médias. Il est le fondateur et le directeur du festival Impakt aux Pays-Bas.